De l’enfant

A paraître aux éditions Potentille à l’automne 2015

ill. Marie Thomas

ill. Marie Thomas

De l’enfant, on peut dire qu’il avait presque trois ans quand il est arrivé. Il ne savait ni les jouets ni les livres ni les mots des chansons qu’on dit en caressant le front, en creusant au creux des genoux la chute, le bateau qui chavire. Tu payes ou tu payes pas ? pas. On peut dire qu’on pouvait le coucher même toute la journée, jamais de lui-même il ne quittait son lit. On peut dire qu’il souriait.. Il embrassait maman ou bien la dame et l’on pouvait partir et revenir, jamais il ne se retournait. A tout à l’heure, il répétait. De l’enfant, on peut dire qu’il se tenait raide dans les bras et n’aimait pas la tête en bas, ou être tout là haut sur les épaules. On peut dire qu’il n’aimait pas marcher dehors. On peut dire la terreur de la douche, et les tremblements de tout le corps  (…)

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Le livre de Timothé

A paraître aux éditions Potentille à l’automne 2015 (http://potentille.jimdo.com/)

P1060369 - Copie
Avant
on aimait jouer dans les maisons abandonnées
casser les vitres et se sauver
regarder maman dormir
tout le matin

et aller chercher le pain

Avant
les coups de bec
rouaient
la nuit
de cris

je découpais
des armes
des ailes d’oiseaux
aussi

( …)

Tout m’échappe
les billes roulent par terre
je ne ramasse rien
poings serrés
je ne retiens
que
ce qui est loin

(…)

Magasin zinzin

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Nous avions avec les enfants ouvert maintes fois Le Magasin zinzin de Frédéric Clément, les malles, les valises, et nos boîtes à secrets aussi… Ils avaient choisi un même titre : « Emportez un mouchoir de fil « … De la colle et des encres sur les doigts, chacun est reparti avec son propre recueil. Parce que c’est la rencontre avec l’univers d’un auteur qui permet de prendre le temps de regarder les rêves en soi.

Aujourd’hui j’ai entrebâillé moi aussi quelques souvenirs, quelques images avant de rendre son livre à Tom…

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Avec Bernard Froment, « agrisculpteur verrien »…

Bernard Froment un jour, m’a demandé quelques mots pour le catalogue de son exposition. Est né un dialogue avec d’étranges personnages errants et immobiles, déracinés et inébranlables, comme ces platanes dont les branches se rejoignent et se nouent au dessus des routes, mais c’est eux, que nous regardons passer.

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Ils viennent de si loin

Que l’horizon

tiré enroulé

noué dénoué

les laisse aller

 

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Il a cherché
dans la cendre
nos visages
a retiré de nos ventres
la terre glaise
le bois ligoté
les larmes

Il a cousu
la joue ronde
de la lumière
contre la toile rêche.

Immobiles nous marchons
de taire et de faire.

Chaque pas est tranquille
Tout est présent.

La terre ne recouvrira nos corps
Que pour germer encore.

Frère éd. Cheyne

Il n’y a pas de hasard, fille du photographe des rues, j’écris souvent à partir d’images trouvées, collectées, offertes, collectionnées, elles deviennent des bouts de textes qui aux même parfois deviennent un livre.

Je ne sais pas écrire avec en tête un projet, j’écris et un jour l’architecture se met en place, le sujet apparaît. Frère ainsi est né d’une série de photos d’étendages (et merci Marine, François, Elise… qui ont enrichi cette collection). Merci à Estelle Aguelon qui dans ses illustration a gardé les draps blancs : le vide laissé par le bébé mort, et qui peu à peu s’efface derrière les jeux des enfants. Ces photos parfois je les montre quand j’interviens dans une classe. Puisque écrire, c’est prendre le temps de regarder. Les voici, les photos de Frère, dans l’ordre des textes, pour dire à mon père photographe des rues que je l’aimais, et pour vous dire à vous, mes quelques lecteurs que j’attends, si vous voulez m’en faire le cadeau, vos images, mais nul ne sait encore comment elle résonneront…

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