Avec Bernard Froment, « agrisculpteur verrien »…

Bernard Froment un jour, m’a demandé quelques mots pour le catalogue de son exposition. Est né un dialogue avec d’étranges personnages errants et immobiles, déracinés et inébranlables, comme ces platanes dont les branches se rejoignent et se nouent au dessus des routes, mais c’est eux, que nous regardons passer.

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Ils viennent de si loin

Que l’horizon

tiré enroulé

noué dénoué

les laisse aller

 

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Il a cherché
dans la cendre
nos visages
a retiré de nos ventres
la terre glaise
le bois ligoté
les larmes

Il a cousu
la joue ronde
de la lumière
contre la toile rêche.

Immobiles nous marchons
de taire et de faire.

Chaque pas est tranquille
Tout est présent.

La terre ne recouvrira nos corps
Que pour germer encore.

Frère éd. Cheyne

Il n’y a pas de hasard, fille du photographe des rues, j’écris souvent à partir d’images trouvées, collectées, offertes, collectionnées, elles deviennent des bouts de textes qui aux même parfois deviennent un livre.

Je ne sais pas écrire avec en tête un projet, j’écris et un jour l’architecture se met en place, le sujet apparaît. Frère ainsi est né d’une série de photos d’étendages (et merci Marine, François, Elise… qui ont enrichi cette collection). Merci à Estelle Aguelon qui dans ses illustration a gardé les draps blancs : le vide laissé par le bébé mort, et qui peu à peu s’efface derrière les jeux des enfants. Ces photos parfois je les montre quand j’interviens dans une classe. Puisque écrire, c’est prendre le temps de regarder. Les voici, les photos de Frère, dans l’ordre des textes, pour dire à mon père photographe des rues que je l’aimais, et pour vous dire à vous, mes quelques lecteurs que j’attends, si vous voulez m’en faire le cadeau, vos images, mais nul ne sait encore comment elle résonneront…

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